Horizons de la mémoire, J. H. Saraiva
// Horizon d'attente, François Hertog
Mesdames et messieurs les téléspectateurs, bienvenue dans l'émission Horizontes da Memória.
Horizons de la mémoire, cela signifie exactement ceci : aussi loin que porte notre mémoire. Mais remarquez bien que j'ai dit notre mémoire, la nôtre ; je n'ai pas dit la mienne ni la vôtre. Je ne vais pas parler de souvenirs personnels, de l'époque où j'allais à l'école, où j'étais ici ou là, ni de vos souvenirs ou de votre région. Je vais parler de notre mémoire, de la mémoire collective, de choses qui nous concernent tous.
Aujourd'hui, je commence l'émission dans un endroit que tout le monde connaît à Lisbonne. Tout le monde l'a déjà vu, au moins de loin, mais beaucoup ne l'ont jamais visité. Je suis ici, sur la plateforme supérieure de l'ascenseur de Santa Justa. Il y a un petit restaurant et je suis venu à cet ascenseur avec l'idée de déjeuner. Bien sûr, vous vous demandez ce que l'ascenseur et ce déjeuner ont à voir avec la mémoire : Tout a sa mémoire. La mémoire est une sorte de racine des choses vivantes. On commence à mourir quand on perd la mémoire. La mémoire, je le répète, est la racine des choses vivantes. Cet ascenseur, par exemple, fait partie de la mémoire de Lisbonne, comme tant d'autres. L'ascenseur de Santa Justa fut inauguré en 1902, au début du siècle. Il a donc maintenant 94 ans. Mais il existait déjà d'autres ascenseurs : souvenez-vous de Bica, de Lavra, de Glória, et d'autres aujourd'hui disparus, comme celui de la Bibliothèque, celui du Chiado, celui de Graça ou celui d'Estrela. Lisbonne a jadis été la ville des ascenseurs. (…)
Jack Finney, Le voyage de Simon Morley, 1993
Texte à rédiger